La Catalogne Sud a été élévée au rang de zone bienfaitrice de son demi frère nordique, le Roussillon et compagnie. Pour JP Alduy, le salut de Perpignan
passe par Barcelone et l'arrivée bénéfique du TGV, c'est même son seul et unique axe de discours économique ... Sauf que, patatras, l'économie espagnole est en train de dégringoler
irrémédiablement. Et dans cette crise sans précédent, le miracle du TGV apportant à Perpignan ses bienfaits risque d'être un pur mirage, un nouveau concept virtuel du maire intérimaire.
Ecartons d'emblée les critiques échevelées : "Oui, il faut nouer de vrais liens avec la Catalogne Sud : des liens économiques et pas seulement folkloriques et culturels ( à ce
stade, par exemple l'échec de Perpinya, capitale de la culture catalane n'a échappé à personne).
Non, notre propos n'est pas de dézinguer la nécessité (impérieuse et incontournable d'établir un partenariat transfrontalier réel et vécu entre nos deux territoires). Notre propos est d'alerter
le Maire-Sénateur-Président de l'Agglo-1er Vice-Président de l'AMGVF sur le fait que sa gare TGV et son miracle économique qui apparaitrait à la station Perpignan deviennent jour après jour
un mirage ; mais y croyait-il lui même?
La raison en est simple, l'Espagne et la Catalogne sont en train de vivre une crise économique qui risque d'être sans précédent. Dans ce sauve-qui-peut, Perpignan deviendra fatalement le
cadet des soucis des investisseurs. Voilà qui explique les interrogations pressantes de la représentante de SACRESA (l'entreprise qui devrait faire le centre commercial de la gare TGV) au
Ministre Borloo, lors de sa visite avant les municipales. Dans ce contexte, les plus de 10 000 m2 du centre commercial et les 15 000 m2 de bureaux de la gare semblent disproportionnés et
délirants. A fortiori pour un promoteur espagnol qui va ramer dans son marché national.
La crise, vous en doutez? En voilà la preuve par les faits :
- Début juillet, la Clau annonce un chômage en hausse de 40% à Gérone ...
- mi-juillet, le Gouvernement catalan annonce qu'il réduira de 25% ses dépenses courantes (voilà une bonne idée à laquelle notre maire intérimaire devrait penser). La source est également La
Clau.
- toujours mi-juillet, la faillite du Groupe immobilier Martinsa-Fadesa, constitue la plus gros dépôt de bilan de l'histoire du royaume. La bulle immobilière est en train d'exploser avec des
conséquences catastrophiques à craindre quant on sait qu'il y a 2 ans, le BTP apportait 10,4% du PIB de l'Espagne, 14% des emplois et 17% des investissements.
Dans ce contexte, les deux projets de SACRESA en France : la porte-des-neiges (dans les PO) et le centre commercial du TGV PERPIGNAN, ne verront peut-être jamais le jour. Aux journalistes
patentés de se renseigner et de dépasser le rideau de fumée lancé par le Maire-Tournesol et les entreprises aux propos lénifiants.
Le report de l'arrivée du TGV était déjà une tuile. Avec la crise espagnole, c'est un nouveau moellon qui tombe dans le cloaque perpignanais. Une nouvelle mauvaise nouvelle dont l'économie des
Pyrénées-Orientales, désormais partiellement liée à celle de nos frères catalans, se serait bien passée.
Ancienne villa romaine, capitale du royaume de Majorque ... Perpignan ne doit pas se limiter à une brève histoire de 50 ans.
La Fidélissime Ville a traversé bien des orages, bien des périodes difficiles. Aujourd'hui, elle doit patienter encore quatre ans pour tourner une page.
Qu'est-ce au regard de l'histoire? Qu'est-ce même au regard de la vie d'un homme ? Le temps joue pour l'avenir et c'est cet espoir qui doit permettre de construire ce demain si
proche.