L'ouverture des Estivales (4 juillet) a donné un avant-goût de la création du théâtre de l'Archipel. Devant un public consterné, mais poli, le
spectacle sur Carthage a tourné au Carnage. Décor affligeant de carton pâte, chorégrahie de kermesse scolaire, textes grandiloquents et à mourir de rire ("le crâne d'un chameau mord à
belles dents le sable!")... Et si ce Carthage était une allégorie de Perpignan : une ville condamnée à disparaître sous les concepts fumeux "d'archipel", sacrifiant ses fils
et ses filles dans le Moloch Baal de la dette.
Jean-Paul Alduy n'a rien compris ou, au contraire, il sait déjà tout : l'accélération du dossier du quatrième pont (15 millions d'euros!), le lancement dans la précipitation du délirant théâtre
de l'Archi-Pelle (8,5 millions de fonctionnement et d'investissement - a minima - pendant 32 ans!) ... ces décisions éclairs ressemblent à une fin programmée. Comme si cette municipalité
périssable se plaçait dans une logique jusqu'au boutiste de la " terre bétonnée" qui se traduit par ces principes : "tout chantier lancé est inarrêtable", tout "ascenseur renvoyé ne redescend
plus". Donc acte !
Le plaidoyer de Jean-Paul ALDUY pour sa dernière Fleur monstrueuse de béton dégage un optimisme qui ne trompe personne. Comme le boa du Petit Prince qui a avalé un éléphant, le Maire par intérim
nous explique que le budget de notre ville est capable d'avaler l'indigeste grenat.
Au coeur d'un pays en crise, le chef-lieu d'un département qui est à la dérive économique, une ville sans axe économique, frappée par les terribles émeutes de 2005, présentant des quartiers
entiers insalubres et refusant à ses enfants des médiathèques pour accéder à la culture ... cette ville là peut-elle se payer le luxe d'un squelette de béton de 8,5 millions (par an) X 32 ans =
272 Millions d'euros!!!!
Une seule personne croit cela. Malheureusement, cette personne dirige pour l'instant et seule notre ville depuis l'enceinte close du patio municipal. Elle décide sans tenir compte de
l'avis de qui que ce soit de ce qui est bon ou pas pour plus de 110 000 habitants! C'est le genre d'histoire qui, tôt ou tard, finit très mal.
Ancienne villa romaine, capitale du royaume de Majorque ... Perpignan ne doit pas se limiter à une brève histoire de 50 ans.
La Fidélissime Ville a traversé bien des orages, bien des périodes difficiles. Aujourd'hui, elle doit patienter encore quatre ans pour tourner une page.
Qu'est-ce au regard de l'histoire? Qu'est-ce même au regard de la vie d'un homme ? Le temps joue pour l'avenir et c'est cet espoir qui doit permettre de construire ce demain si
proche.