Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 23:23

C'est vrai, Jean-Paul ALDUY, maire sous le coup d'un recours en annulation et d'une opposition qui ne chôme pas, doit être logiquement éreinté. Mais cela n'explique pas tout et n'excuse pas tout : phrases que certains peuvent juger inadéquates pour un Sénateur de la République, jugements à l'emporte-pièce sur l'attitude physique de ces opposants, accusant par exemple une conseillère d'être accroupie sur sa table ...

Oui, le comportement de notre premier magistrat par intérim peut paraître à beaucoup surprenant. A-t-il pour autant franchi la ligne jaune ? Un récent article de son blog dans lequel il s'attaque avec virulence à Jean Codognès conduit certains à se poser la question. Relatant sa participation à la manifestation des personnes handicapées, samedi 31 mai, Jean-Paul ALDUY évoque, en des termes difficilement compréhensibles son principal "adversaire" politique masculin (notez bien que les mots en gras le sont aussi sur le blog) http://www.alduy.fr/index.php?2008/06/02/89-manifestation-aux-des-personnes-handicapees-des-revendications-justes

"J'ai bien senti à un moment donné la main molle et grasse de Monsieur CODOGNES me mettre un autocollant dans le dos que le Conseil Général avait édité pour l'occasion. Ma foi, c'est au niveau du personnage.
Je n'ai rien dit car la cause était plus importante.

Il ne comprenait pas que je puisse voter la loi de février 2005 sur le handicap et manifester en même temps aujourd'hui aux côtés des personnes handicapées.

J'ai failli me retourner pour lui rappeler que la gauche au pouvoir n'avait rien fait et que les deux seules lois qui ont incontestablement fait progresser les droits des personnes handicapées sont celles de 1975 du gouvernement CHIRAC et de 2005 du gouvernement De VILLEPIN.

...

On était tous rassemblés, dans un combat qui ne peut pas et qui ne doit pas être enfermé dans des luttes partisanes.
Mais il est vrai que Monsieur CODOGNES ne connaît, et n'a jamais connu que des combats partisans et des combinaisons politiciennes."


Cette "main molle et grasse", n'est bien sûr pas tirée du poème de Ronsard, le "Boccage royal". Elle n'est pas davantage écrite par un poète égaré en politique ...

Ne vient-elle pas stigmatiser négativement un homme sur un aspect physique ? Et pas n'importe où :  au coeur même d'une manifestation visant à lutter contre les injustices de notre société et à défendre des personnes qui sont jugées toute la journée sur leurs différences. Que dire aussi du passage  : "c'est au niveau du personnage" ? ! Certes, Jean Codognès en a vu d'autres ... mais tout de même ! Il mérite comme tout un chacun le respect et quitte à engager le combat politique, ce n'est ni au niveau des mains, des pieds ou du nez qu'il faut attaquer, mais à celui des valeurs. C'est autrement plus difficile.

Les mots employés sont (volontairement?) blessants. Mais, ils sont surtout déplacés et ne servent pas ceux qui font l'erreur de les employer.

La politique n'explique pas tout ... en aucun cas, elle ne doit  tout permettre de la part des politiques. Certes, l'auteur n'est ni de la taille De Gaulle, ni Jean Monnet, ni Jean Lecanuet, ni même Léon-Jean Grégory, Gaston Pams ou Paul Alduy ... Et pourtant nous attendons de nos politiques une autre hauteur de vue, des écrits plus sérieux et une indispensable retenue due à la charge qu'ils occupent, même temporairement.

A Perpignan, n'est-il plus temps de se reprendre et de se recentrer sur de vraies valeurs humanistes ? N'est-il plus temps de se détourner de mauvais conseillers qui n'incitent qu'à cultiver l'acrimonie et la rancoeur? Ce n'est pas certain. 

Avec cette "main grasse et molle", beaucoup de nos concitoyens ne penseront-ils pas qu'une marche de plus vient d'être descendue vers une politique où les combats sur les valeurs et sur les dossiers (fussent-ils épineux pour la municipalité actuelle) n'ont plus leur place?

C'est dans ce genre de situation que l'on peut intérieurement regretter, quand on est homme politique, de n'avoir pas donné la prime ni au talent ni à la franchise dans les rangs de ses proches collaborateurs. Le talent qui aurait empêché que ce texte soit écrit, la franchise qui aurait conseillé de ne pas le publier.

Publié dans : Vie politique
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Quatre ans !

Ancienne villa romaine, capitale du royaume de Majorque ... Perpignan ne doit pas se limiter à une brève histoire de 50 ans. 

La Fidélissime Ville a traversé bien des orages, bien des périodes difficiles. Aujourd'hui, elle doit patienter encore quatre ans pour tourner une page.

Qu'est-ce au regard de l'histoire? Qu'est-ce même au regard de la vie d'un homme ? Le temps joue pour l'avenir et c'est cet espoir qui doit permettre de construire ce demain si proche. 

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés